J'ai découvert Dusan Matic en 1981 après avoir demandé à Arno Hintjens pourquoi il y avait Matic dans le titre dans le nom de son groupe d'alors, sa réponse a été en deux temps, il m'a confié d'abord que c'est à cause d'un livre qu'il a lu, chez sa copine Sonja, je crois, mais perdu, que c'est d'un poète yougoslave qui écrivait pour les gens qui ne sont pas tout à fait dans la réalité... puis dans un temps 2 "...chez ma copine, il y avait un frigo de marque Matic....". J'ai retrouvé successivement 3 exemplaires de Bagdala de Dusan Matic et je remercie encore vivement Mirko Banovic de m'avoir permis, d'offrir à Arno, le jour de ses 70 ans à Ostende, ce livre perdu qui finalement ne raconte que de La Vérité...
Il y a une vérité de la poésie. Il est vrai, cette vérité ne prouve rien, n'explique rien. Elle n'est pas la vérité de la vie. Elle ne sert à rien. Il est bien qu'il en soit ainsi. Mais elle a parti lié à la vie. Coup de sonde dans l'infini. Rire dans l'abîme. Plongée dans l'essentiel. Son flux & son reflux. Miroir du monde. Miroir déformant, mais miroir. Tu peux le déchiffrer mais ne peux le briser. Tu peux la briser main ne peux la déchiffrer. Non, tu ne peux la détruire. Elle existe à sa manière. Poètiquement. Mais la vie, à sa manière s'infléchit vers elle, en passant. En passant ? Mais tout n'est-il pas que passage : les cristaux et les noeuds du passage. La vie.
1944.
Extrait de "Notes"
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DONNEZ-MOI
Donnez-moi un verre d'eau un verre de soleil
Pour lamper dans le trou noir de notre piètre mort
Donnez-moi une croûte de pain
dur et moisi
Pour bâfrer dans notre nuit qui a vraiment perdu la tête.